Les communiqués de presse

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Un crime contre l’environnement, une aberration économique et financière

Route en mer à La Réunion -

Par / 13 février 2015

Le projet de route en mer dite « nouvelle route du littoral » est une véritable aberration. En effet, le projet constitue la 3ème tentative de réaliser une route à l’intersection de la falaise et de la mer. A chaque fois, les arguments se voulant rassurant sont les mêmes : « tout a été étudié » pour mettre la route à l’abri des forces éternelles de la pesanteur (chute de pierres) et de la houle. Le nouveau projet est une infrastructure combinant digues et viaducs, construite en pleine mer, sur 12 kilomètres, au coût initial de 1,6 milliard d’euros, cofinancé par la Région ( 689 millions) et l’Etat ( 532 millions + 248 millions à travers le FCTVA) , avec un complément du FEDER (151 millions).

Ce projet est un véritable crime contre l’environnement.
On constate de nombreuses atteintes à l’environnement : le problème de la disponibilité des matériaux est loin d’être réglé : le chantier nécessite 19 millions de tonnes de matériaux dont près de 9 millions d’enrochements à extraire de carrières en roches massives. Le Conseil National de Protection de la Nature a émis un avis défavorable sur le projet car il porte de graves atteintes à l’écosystème et à la biodiversité (espèces endémiques, barrière corallienne). Mais l’Etat a accordé à la Région Réunion des dérogations (arrêtés ministériel et préfectoral des 19 et 20 décembre 2013), l’autorisant à détruire des espèces protégées.

Ce projet plombe toute possibilité d’investissement de La Réunion pendant 40 ans.
Ce projet privilégie le tout routier et se fait au détriment du transport collectif et du rail : le caractère budgétivore de l’infrastructure obère toute capacité financière de réaliser demain un transport ferroviaire. Le projet prévoit 2 voies réservées pour un futur et virtuel transport collectif : sa réalisation est pour le moins aléatoire (absence d’études opérationnelles, absence de plan de financement etc.) Cela semble donc être un alibi pour justifier notamment du bénéfice des fonds européens.

Ce projet ne prend pas en compte les conséquences des changements climatiques.
Ce projet est une route en pleine mer, c’est anachronique, car le projet ne prend pas suffisamment pas en compte les incertitudes concernant l’élévation du niveau des océans à l’horizon d’un siècle, et l’intensification des cyclones, découlant du réchauffement climatique. Lors du passage d’une « simple tempête tropicale » (janvier 2015), les travaux préparatoires du chantier ont été endommagés par la houle cyclonique !

Ce projet est en totale contradiction avec la philosophie de la Conférence sur le climat.
Paris va accueillir en 2015 la conférence mondiale sur le Climat : l’objectif est de montrer « l’exemplarité » de la France dans ce domaine. La route en mer de La Réunion est un contre-exemple flagrant.

Ce projet ne règle pas le problème des déplacements
Outre le caractère extrêmement complexe du projet, la route en mer ne résoudra pas le problème de l’entrée sur Saint-Denis (chef-lieu) ; bien au contraire, la réalisation de cette route à 6 voies aura pour conséquence d’aggraver les problèmes de congestion à l’entrée de Saint-Denis ; le scénario retenu pour la réalisation de l’aménagement pour la nouvelle entrée ouest de Saint-Denis est évalué à près de 500 millions d’euros (pour la première tranche), mais rien n’est prévu pour son financement. Cette route en mer, au coût incroyable, laisse entière la question des déplacements dans une île condamnée au coma circulatoire sans alternative au tout automobile (+20.000 immatriculation/an)

Le financement de ce projet au coût astronomique n’est pas assuré
Le coût estimatif initial (1, 660 milliards d’euros) en fait déjà la route la plus chère de France (133 millions le kilomètre !) Ce coût évoluera obligatoirement (index BTP, aléas etc) sur la période de réalisation du chantier (au moins 7 ans) ; le coût final devrait se situer à minima autour de 2,5 milliards d’euros. Le financement (acté dans les accords de Matignon II signés entre F Fillon et Didier Robert en octobre 2010 réaffectant les financements prévus initialement pour le tram train dans les accords de Matignon I Vergès / de Villepin en 2007) calé sur 1,6 milliard, sera donc insuffisant et laisse à la charge de la Région tous les surcoûts dans un contexte de contraintes budgétaires aggravées. En outre, le projet n’a jamais fait l’objet d’une mission d’expertise économique et financière. Or tous les autres chantiers conséquents sont obligatoirement soumis à une telle expertise. Et cela, malgré les demandes des élus réunionnais de l’Alliance de Paul VERGES, auprès de l’Etat. La Région n’a pas été en mesure de faire la démonstration de ca capacité de soutenir financièrement le projet dans le cadre d’une approche budgétaire pluriannuelle ; la Chambre régionale des Comptes a d’ailleurs souligné dans son rapport rendu public en avril 2014 le caractère « modeste » de la marge de manœuvre que s’est donnée la région pour assurer le financement d’un projet dont elle considère que le coût , selon la CRC, doit être réévalué – hors à aléas- à 1 milliard 960 millions d’euros ; lors de l’assemblée plénière de juin dernier, la Région a déjà reconnu un surcoût de 250 millions d’euros

Un projet contesté, non bouclé sur le plan des procédures

15 recours sont pendants devant les juridictions administratives

Une enquête a été ouverte pas le procureur de la République suite à l’attribution des marchés du viaduc en mer et des digues en mer par la commission d’appel d’offres du 15 octobre 2013.

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